Je vais m'élancer. Je ne m'arrêterais pas. Le plongeon semble sans fond. Le monde de l'écrit compense ce que l'oral peine à formuler. Les lèvres n'ont pas toujours cette vocation du parler, de l'extraction. Puisqu'un regard peut tant en dire. Il la sublime. Les doigts l'esquissent, la tracent, rajoutent l'élan. Elle rattrape le manque, trône, occupe les recoins, immortelle.
L'oral s'incline, se dérobe, handicapé d'un support impalpable, par ses tentacules œuvrant jusqu'à embrigader la conscience menant au son, intraduisible à l'oral. Alors, dans cette fourmilière de songes, nébuleuse, virevoltant, la Pensée triomphe...